Faire parler les données pour cibler les décrocheurs

22 octobre 2018

COMMISSION SCOLAIRE DU VAL-DES-CERFS
FAIRE PARLER LES DONNÉES POUR CIBLER LES DÉCROCHEURS
MARIE-EVE MORASSE
LA PRESSE
Des algorithmes pour dépister les élèves du secondaire les plus à risque de décrocher : c’est le pari que prend la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC), dans la région de Granby. En recoupant les informations qu’elle possède sur ses élèves, elle cible les jeunes vulnérables avec une précision étonnante.

Des notes scolaires, des informations sur les changements d’adresse, des journées d’absence : autant de données dont disposait la commission scolaire, mais qui ne « se parlaient pas ». Le directeur général de la CSVDC a eu l’idée de les unir pour trouver les élèves qu’il qualifie de « beiges ».

« Ce sont des élèves qui ne sortent pas de la masse, mais ils nous font la surprise de décrocher. Contrairement à un élève qui s’absente à tour de bras et qui a des problèmes de comportement, certains passent sous le radar », explique Éric Racine, directeur général de la CSVDC.

La commission scolaire s’est associée à une firme externe pour concevoir un programme informatique qui recoupe les données contenues dans six banques dont elle dispose. Pour tester l’outil, on a utilisé le profil de décrocheurs qui ont quitté l’école il y a quelques années. Le programme a réussi à les dépister à 92 %.

On a notamment découvert que la diminution du rendement scolaire, et non l’échec, est un facteur prédicteur important de décrochage pour ces élèves qui se font discrets.

« L’élève qui part à 75 % en mathématiques et qui l’année suivante est à 72 %, puis 70 %, puis 65 %, il est en réussite pendant quatre ans. Il n’y a pas beaucoup de drapeaux qui se sont levés pour identifier son potentiel de décrochage. Pourtant, c’est quelque chose de primordial. »

— Éric Racine, directeur général de la CSVDC

Cette année, le programme est testé sur le terrain. En analysant les données de 6e année de plus de 1200 élèves, la commission scolaire a ciblé 92 d’entre eux qui sont à risque de décrochage. Ils sont maintenant en 3e secondaire.

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